J'ai nommé ce blog "Un voyage de Serendip" car il a pour but de refléter et d'alimenter une démarche exploratoire, qui sera - et l'a déjà été - sérendipienne, parsemée de découvertes à la fois fortuites et heureuses.
dimanche 27 janvier 2013
Petites définitions
Pour bien démarrer l'année sur Business with impact, je reviens aux sources et reprends les définitions du social business et de l'économie sociale et solidaire. Bonne lecture !
dimanche 20 janvier 2013
Car sharing : having access to rather than owning a car
If you liked my post about Autolib' last week, I bet you're going to like this one too!
Today, I focus on car sharing, a new transportation usage that is born from applying collaborative thinking to a traditionally private good.
Today, I focus on car sharing, a new transportation usage that is born from applying collaborative thinking to a traditionally private good.
Source : http://www.green-and-energy.com/blog/carsharing-the-situation-in-germany/
Here is the article, published on my blog "Grids at work".
dimanche 13 janvier 2013
Autolib', pour démarrer 2013 sur les chapeaux de roue
Meilleurs voeux pour 2013 !
Pour bien commencer l'année, je vous propose un article sur Autolib', dont les bluecars n'auront pas manqué d'interpeller les parisiens en 2012 et ne manqueront pas d'intéresser les autres. Le service proposé est en effet innovateur : alliant écologie et partage, deux nouvelles façons de penser qui s'ancrent de plus en plus dans les mentalités de demain.
Bonne lecture !
Pour bien commencer l'année, je vous propose un article sur Autolib', dont les bluecars n'auront pas manqué d'interpeller les parisiens en 2012 et ne manqueront pas d'intéresser les autres. Le service proposé est en effet innovateur : alliant écologie et partage, deux nouvelles façons de penser qui s'ancrent de plus en plus dans les mentalités de demain.
Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/01/02/01016-20120102ARTFIG00265-autolib-deja-victime-de-pannes-et-de-vandalisme.php
Bonne lecture !
mardi 18 décembre 2012
Vijay Kumar: cooperative flying robots
I have just republished my article about Vijay Kumar and its small cooperative flying robots in English on my new blog Grids at work. You can read it here.
mardi 4 décembre 2012
Being green and green washing
Please go and read my last article on SolarKiosk as an example among others of situations where being green is not about brand marketing but about economical survival. It's on my new blog Energy in transition.
jeudi 29 novembre 2012
Please welcome two newcomers in the blogosphere!
I haven't been publishing much in the last days. I'm happy to announce that I have been busy launching my two new blogs, "Energy in transition" and "Grids at work".
With Energy in transition, I explore the upcoming changes in energy production and distribution. Indeed, as new technologies enable us to leverage new energy sources while fossil fuel tanks run out, new opportunities may arise and profound changes might occur.
In Grids at work, I focus on the forces of grids and networks, collaborative work, and distributed decision-making as an alternative model for all sorts of organizations.
My intention is to leverage Un voyage de Serendip as an overview blog, linking all subjects together and adding other insights from other perspectives, while making possible for everyone to read only what's interesting to them.
Hope you'll enjoy the reading!
With Energy in transition, I explore the upcoming changes in energy production and distribution. Indeed, as new technologies enable us to leverage new energy sources while fossil fuel tanks run out, new opportunities may arise and profound changes might occur.
In Grids at work, I focus on the forces of grids and networks, collaborative work, and distributed decision-making as an alternative model for all sorts of organizations.
My intention is to leverage Un voyage de Serendip as an overview blog, linking all subjects together and adding other insights from other perspectives, while making possible for everyone to read only what's interesting to them.
Hope you'll enjoy the reading!
samedi 17 novembre 2012
Wörgl, la success story d'une monnaie complémentaire
Wörgl est une petite ville du Tirol autrichien, installée dans le fond d'une vallée encaissée. De Wörgl viennent une partie des étudiants de l’Université d'Innsbruck, université où j'ai effectué mon séjour Erasmus il y a maintenant presque deux ans. Je connaissais donc la ville sous ces traits quand, une fois rentrée en France, j'ai entendu parler d'elle pour d'autres raisons.
En effet, Wörgl a été le théâtre d'un des projets de monnaie complémentaire les plus réussis du siècle en Europe.
Le "miracle de Wörgl"
Le 1er juillet 1932, en pleine Grande Dépression, le maire de la ville Michael Unterguggenberger lança l'émission de bons constituant une monnaie locale, couverte à 100% par des dépôts en devise autrichienne à la caisse d'épargne locale. Cette monnaie avait pour principale caractéristique d'être fondante, c'est-à-dire de perdre sensiblement de sa valeur avec le temps : en l’occurrence, 1% par mois. Cette caractéristique incite les gens à dépenser leur argent, donc à accélérer la circulation de la monnaie avec l'effet de multiplicateur keynésien que l'on connait bien.
L'effet des capitaux insufflés dans l'économie est décuplé par la vitesse de circulation de la monnaie puisque la monnaie supplémentaire ne sert pas qu'une fois mais à chaque fois qu'elle est dépensée. Imaginons un grand plan de travaux publics, l'argent insufflé dans l'économie passe en partie dans la paye des ouvriers, qui la dépensent en faisant leurs courses. Les magasins payent ensuite leurs fournisseurs, qui eux-mêmes payent leurs transporteurs et producteurs, etc. A chaque étape, la monnaie supplémentaire correspond à une capacité de transaction plus importante. Le même euro augmentera plusieurs fois le pouvoir d'achat de son porteur.
Pour revenir à Wörgl et à sa monnaie fondante, les porteurs pouvaient se présenter à la mairie tous les mois et, moyennant de s'acquitter de la différence de valeur du billet entre le début et la fin du mois (le 1%), faire tamponner leurs billets et rétablir leur valeur initiale. L'argent dégagé servait à financer le plan de travaux publics initié au 1er juillet qui fut le moyen de diffuser les bons : toutes les dépenses publiques, que ce soit le salaire des ouvriers ou les règlements des fournitures de la ville étaient réglées en bons de monnaie fondante.
L'effet multiplicateur commença à jouer et à inciter les gens aux transactions. Avec des bons émis pour 12 000 shillings, 100 000 shillings de transactions furent effectués en 3 mois. Comme à chaque transaction, le receveur d'argent en épargne une partie, l'excédent des retraits sur les dépôts à la caisse d'épargne fut divisé par deux en un mois et au bout d'un an, retraits et dépôts s'équilibraient. Pendant ce temps, les infrastructures de la ville s'amélioraient, facilitant les échanges commerciaux avec les villes voisines, qui se mirent elles aussi à accepter les bons de Wörgl. L'ensemble des entités publiques, entrepreneurs et particuliers de la région virent leur quotidien s'améliorer et alors que sur l'année qui suivit le lancement de l'initiative, l'Autriche voyait son taux de chômage augmenter de 20%, à Wörgl, il diminuait de 25%.
Un peu de théorie : concepts et définitions
La monnaie de Wörgl en 1932-1933 figure parmi les monnaies complémentaires ou SELs (Systèmes d'Echange Locaux) peu connues mais nombreuses qui ont eu et ont toujours cours dans le monde, dont la très emblématique Wir suisse (et l'on connait les qualités suisses en matière de finance...) qui est en service depuis 1934.
Ces devises alternatives fonctionnent selon des modèles variés, toutes ne sont pas fondantes notamment. Complémentaires, elles n'ont cependant jamais vocation à remplacer la monnaie nationale classique (même si les institutions financières en vigueur le craignent souvent). Elles sont généralement locales, même si l'on a vu avec Wörgl que le périmètre d'utilisation de la monnaie peut varier. En effet, elles vont jusque là où les gens les acceptent, car rappelons-le, il en est régulièrement besoin, que toute monnaie est une convention : pourquoi ce petit bout de papier bleu vaudrait-il 5€ ? Elles touchent donc un réseau de participants au projet qui acceptent et affichent clairement leur acceptation ou non de ces titres en paiement. Elles sont toujours convertibles dans la monnaie classique, afin de ne pas contraindre les transactions avec les régions/entités ne les acceptant pas.
Que retenir ?
La monnaie est un moyen d'échange, un outil permettant les transactions, plus performant que des systèmes basés sur le troc, les coquillages ou l'or ne l'ont été. Pour que ses vertus se fassent sentir, il faut qu'elle circule, et le plus vite est le mieux. Un principe simple pour augmenter la fluidité d'une devise est de la rendre fondante.
Pour en savoir plus :
Wörgl ou l’« argent fondant » par Claude Bourdet sur Wikisource
En effet, Wörgl a été le théâtre d'un des projets de monnaie complémentaire les plus réussis du siècle en Europe.
Le "miracle de Wörgl"
Le 1er juillet 1932, en pleine Grande Dépression, le maire de la ville Michael Unterguggenberger lança l'émission de bons constituant une monnaie locale, couverte à 100% par des dépôts en devise autrichienne à la caisse d'épargne locale. Cette monnaie avait pour principale caractéristique d'être fondante, c'est-à-dire de perdre sensiblement de sa valeur avec le temps : en l’occurrence, 1% par mois. Cette caractéristique incite les gens à dépenser leur argent, donc à accélérer la circulation de la monnaie avec l'effet de multiplicateur keynésien que l'on connait bien.
L'effet des capitaux insufflés dans l'économie est décuplé par la vitesse de circulation de la monnaie puisque la monnaie supplémentaire ne sert pas qu'une fois mais à chaque fois qu'elle est dépensée. Imaginons un grand plan de travaux publics, l'argent insufflé dans l'économie passe en partie dans la paye des ouvriers, qui la dépensent en faisant leurs courses. Les magasins payent ensuite leurs fournisseurs, qui eux-mêmes payent leurs transporteurs et producteurs, etc. A chaque étape, la monnaie supplémentaire correspond à une capacité de transaction plus importante. Le même euro augmentera plusieurs fois le pouvoir d'achat de son porteur.
Pour revenir à Wörgl et à sa monnaie fondante, les porteurs pouvaient se présenter à la mairie tous les mois et, moyennant de s'acquitter de la différence de valeur du billet entre le début et la fin du mois (le 1%), faire tamponner leurs billets et rétablir leur valeur initiale. L'argent dégagé servait à financer le plan de travaux publics initié au 1er juillet qui fut le moyen de diffuser les bons : toutes les dépenses publiques, que ce soit le salaire des ouvriers ou les règlements des fournitures de la ville étaient réglées en bons de monnaie fondante.
L'effet multiplicateur commença à jouer et à inciter les gens aux transactions. Avec des bons émis pour 12 000 shillings, 100 000 shillings de transactions furent effectués en 3 mois. Comme à chaque transaction, le receveur d'argent en épargne une partie, l'excédent des retraits sur les dépôts à la caisse d'épargne fut divisé par deux en un mois et au bout d'un an, retraits et dépôts s'équilibraient. Pendant ce temps, les infrastructures de la ville s'amélioraient, facilitant les échanges commerciaux avec les villes voisines, qui se mirent elles aussi à accepter les bons de Wörgl. L'ensemble des entités publiques, entrepreneurs et particuliers de la région virent leur quotidien s'améliorer et alors que sur l'année qui suivit le lancement de l'initiative, l'Autriche voyait son taux de chômage augmenter de 20%, à Wörgl, il diminuait de 25%.
Un peu de théorie : concepts et définitions
La monnaie de Wörgl en 1932-1933 figure parmi les monnaies complémentaires ou SELs (Systèmes d'Echange Locaux) peu connues mais nombreuses qui ont eu et ont toujours cours dans le monde, dont la très emblématique Wir suisse (et l'on connait les qualités suisses en matière de finance...) qui est en service depuis 1934.
Ces devises alternatives fonctionnent selon des modèles variés, toutes ne sont pas fondantes notamment. Complémentaires, elles n'ont cependant jamais vocation à remplacer la monnaie nationale classique (même si les institutions financières en vigueur le craignent souvent). Elles sont généralement locales, même si l'on a vu avec Wörgl que le périmètre d'utilisation de la monnaie peut varier. En effet, elles vont jusque là où les gens les acceptent, car rappelons-le, il en est régulièrement besoin, que toute monnaie est une convention : pourquoi ce petit bout de papier bleu vaudrait-il 5€ ? Elles touchent donc un réseau de participants au projet qui acceptent et affichent clairement leur acceptation ou non de ces titres en paiement. Elles sont toujours convertibles dans la monnaie classique, afin de ne pas contraindre les transactions avec les régions/entités ne les acceptant pas.
Que retenir ?
La monnaie est un moyen d'échange, un outil permettant les transactions, plus performant que des systèmes basés sur le troc, les coquillages ou l'or ne l'ont été. Pour que ses vertus se fassent sentir, il faut qu'elle circule, et le plus vite est le mieux. Un principe simple pour augmenter la fluidité d'une devise est de la rendre fondante.
Pour en savoir plus :
Wörgl ou l’« argent fondant » par Claude Bourdet sur Wikisource
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